L'équilibre
des usages.
Un projet se construit en cohésion entre les architectes et les habitants du lieu.
L'équilibre des usages
Notre philosophie vient contredire une figure ancienne du métier, celle de l'architecte démiurge qui descend sur un lieu avec une vision toute faite et attend des habitants qu'ils s'y conforment. Cette posture a produit de belles images et beaucoup de maisons inhabitables. Un logement n'est pas un monument élevé à son auteur, c'est le cadre discret d'une vie qui ne lui appartient pas. Ceux qui habitent un lieu en savent sur lui des choses qu'aucun plan ne montre, où le soleil se pose le matin, quelle pièce console les jours de pluie, quel seuil les enfants franchissent en courant. Ignorer ce savoir, c'est construire à côté de la vie.
Pour nous, un projet se porte et se construit en cohésion entre les architectes et les habitants du lieu. Cela commence par de longues conversations, avant tout dessin. Comment se déroule un matin de semaine, où l'on aime prendre le café, comment on reçoit, comment on s'isole, ce que l'on garde et ce dont on veut se défaire. L'attention portée à la manière dont les habitants souhaitent habiter est le moteur principal de nos réflexions architecturales. Elle décide de la place d'une cuisine bien avant les questions de style, elle dessine un couloir comme on règle une habitude. Le projet avance ensuite par allers et retours, nos propositions se frottent à leurs usages, leurs remarques précisent nos plans, et chacun déplace un peu l'autre.
De cet échange naît ce que nous appelons l'équilibre des usages, un état du projet où le savoir-faire de l'architecte et la manière de vivre des habitants ne se disputent plus, mais se répondent. Nous apportons la mesure, la lumière, la matière, la cohérence de l'ensemble, ils apportent la vérité de leur quotidien. La réussite ne se juge pas le jour de la livraison, elle se juge des années plus tard, quand la maison porte les habitudes de ses occupants comme un vêtement ajusté, et qu'on ne sait plus très bien ce qui vient d'eux et ce qui vient de nous. C'est le contraire d'une œuvre signée, c'est un lieu partagé.